Une population emblématique de la France moderne: les bobos

Je vais ici porter mon regard sur une population qui a émergé sur la scène publique dans les années 60, et qui ne l'a plus quittée depuis. Cette population est porteuse d'une idéologie dont certains aspects sont affirmés, et dont d'autres sont cachés, inconsciemment ou non (à des degrés divers). L'objectif de cette analyse est de comprendre la logique de cette population, ses ressorts structurels, ses motivations originelles, pour permettre d'en critiquer et combattre l'action et la pensée de la manière la plus pertinente possible.

Cette analyse préfigure une étude plus complète sur la France de l'après-guerre.

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  1. A l'origine des bobos :

    Aux alentours de 1968, ces jeunes adultes ne pouvaient pas politiquement tuer le père : la mythologie officielle leur montre des héros purs, des résistants bravant tous les dangers, d’autant plus valorisés qu’ils ont résisté tôt aux teutons. Moralement irréprochables, combattants à l’engagement insensé, et victorieux. Ces figures viriles ayant pris tous les risques exercent sur une jeunesse vivant sans risque et dans un confort qui ne fait que croître une pression psychologique démente : elle ne peut rivaliser, elle n’a pas mené de lutte fondatrice pour asseoir sa légitimité au regard de l’Histoire. Et ce d’autant plus que la guerre, au lieu de déboucher sur un chaos politique, voit se rétablir un État de droit qui fonctionne, fondé et gouverné par ceux-là même qui avaient acquis leur légitimité dans la lutte préalable. Par ailleurs, les nouveaux dirigeants, loin d’être des despotes autocratiques ou de médiocres politiques, vont faire preuve d’inventivité en instaurant des droits sociaux (c’est l’application du programme du Conseil National de la Résistance1) : les enfants de l’après-guerre n’ont, à part des miettes, plus rien à revendiquer, plus rien à réclamer (sauf leur part du gâteau économique). Cela ne poserait pas de problème dans une société immuable, ou aux changement très longs (car quand rien ne change, on ne s’imagine pas que les choses puissent changer, donc on ne demande pas le changement), mais voilà, ce n’était pas le cas.

  2. Le changement des valeurs :

    1. Les nouveaux héros :

      Nous l’avons vu plus haut, la figure du résistant, héros moderne toujours au pouvoir en 1968, est oppressante pour une population qui ne peut soutenir la comparaison (la France ne se fait pas envahir tous les 20 ans, donc cette génération ne peut pas prouver une éventuelle valeur). Les soixante-huitards vont dans un premier temps démythifier leurs prédécesseurs, leurs parents (« Tous collabos! »), mais ils vont aller plus loin encore : ils vont changer la définition de l’héroïsme. En opposition au héros proposé à l’époque, c’est-à-dire quelqu’un luttant pour forger son destin, un personnage actif, qui fait l’Histoire, le nouveau héros est une personne passive, qui subit : c’est l’apologie de la Victime (surtout la victime de l’État, de la France). Quand une personne est une victime, elle devient immédiatement blanche comme neige et pure comme le diamant. Et critiquer une victime fait devenir bourreau. En faisant ce changement de définition, on ne considère plus les anciens héros, et, en plus, on peut taper sur l’État (yeah!). Cela s’exprime par l’idéologie de la repentance systématique, où la France doit demander pardon aux noirs pour l’esclavage, aux juifs pour les déportations (oui, seuls les juifs ont été déporté, c’est comme ça), au monde entier ou presque pour la colonisation ou autres… Les Français sont d’infâmes racistes, des xénophobes antisémites et va-t-en-guerre, des collabos esclavagistes nationalistes et fascistes ; ils sont riches et puissants, c’est bien la preuve qu’ils sont voleurs et mauvais. Les soixante-huitards sont fiers d’avoir honte d’être français : certes, ils sont français, mais attention, ils ont bien conscience que c’est mal, ça compense!

      Chronologiquement, il est important de souligner la valorisation, pour les bobos, des maghrébins. En effet, ceux-ci sont le premier biais par lequel les bobos vont pouvoir contester à de Gaulle et à la génération au pouvoir en 1968 son assise historique; cette contestation se base sur la guerre d’Algérie et les maghrébins jetés dans la Seine en octobre 1961. Cet épisode historique est fondamental pour les biens-pensants car il leur permet de déclarer de Gaulle fasciste, leurs permettant ainsi de donner une justification politique, rationnelle _a posteriori_ à ce qui n’est qu’un désordre psychologique de consommateur frustré. Par conséquent les immigrés d’Afrique-du-Nord bénéficieront par la suite d’une indulgence systématique pour service rendu (à leur corps défendant) à la cause soixante-huitarde. On peut d’ailleurs mettre en parallèle le sort réservé aux immigrés asiatiques, qui n’existent pas pour les bobos (la « diversité », dans le discours dominant, ne comprend que les africains, jamais les occidentaux, ni les asiatiques, ni les amérindiens, ni les … : les couleurs de la diversité, c’est le noir, point!) alors que la guerre d’Indochine est antérieure à la guerre d’Algérie et qu’elle marque le début de la décolonisation pour la France.

    2. « Non à l’assimilation ! » (slogan soixante-huitard apocryphe)

      La discrimination positive, la promotion des minorités visibles, est un autre exemple du phénomène. Des personnes vont être promues, non pas prioritairement par leurs compétences, mais par leur nature (jeune, femme, noir, arabe _voire musulman, l’injonction identitaire du bobo voulant que les maghrébins soient tous arabes, musulmans, ultra-pratiquants qui plus est, et regardant toujours le sud de la Méditerranée avec envie ; le discours dominant reflètera et banalisera ces amalgames). Ce n’est plus le mérite, l’effort, qui est le critère prépondérant, mais l’origine : le passif d’une personne prime sur ce que l’on peut mettre à son actif. En effet, le fait d’être un Français étant une tare, une faute, la régénération de la population vivant en France vient forcément de l’extérieur. Voilà pourquoi la suppression des frontières françaises et l’afflux massif d’étrangers est une bonne chose pour les bobos. Dans l’esprit du bien-pensant, les Français étant par essence racistes, il faut, pour contrebalancer ce phénomène, survaloriser les Noirs et les Nord-Africains, forcément discriminés et bons. On notera au passage le paradoxe ; valoriser des gens en fonction de leur couleur de peau, c’est très précisément faire preuve de racisme, puisque cela revient symétriquement à dévaloriser les personnes d’une autre couleur…à cause de leur couleur : en fait, le soixante-huitard, en voulant s’exonérer de l’accusation de racisme, tombe en plein dedans (« Caramba, encore raté! »). On peut même aller plus loin : voulant remplacer les Français par des personnes faisant partie des « minorités visibles », ce qui revient à considérer ces groupes selon un critère génétique, les bobos considèrent donc implicitement _et inconsciemment_ que le peuple français se définit entre autres par une homogénéité génétique significative.

      Les soixante-huitards vont s’attacher à s’excuser de ressembler à des Français moyens en valorisant les non-Français. Ainsi, promouvoir les non-blancs leur permet de se laver de leur souillure originelle : ils sont nés blancs. D’où les adoptions de bébés jaunes ou noirs, d’où toutes les associations d’aide aux immigrés illégaux (« sans papiers » selon le vocable bobo, car le bobo s’assoit sans scrupule sur la Loi quand cela l’arrange), d’où le foisonnement d’O.N.G. opérant hors de nos frontières2 _frontières auxquelles il refuse toute pertinence, d’ailleurs_ , tout cela ayant comme but premier de lui donner bonne conscience. Dans le prolongement de cette logique, il est devenu important qu’il y ait des noirs à l’Assemblée nationale, à la télévision3 ou autre. En revanche, il ne vient à l’idée d’aucun soixante-huitard de demander à ce qu’il y ait plus d’ouvriers à l’Assemblée Nationale, ou qu’une femme de ménage devienne présentatrice de télévision, par exemple. Cet aspect montre d’ailleurs à quel point les revendications de la gauche maintenant soixante-huitardisée ne sont plus sociales, mais sociétales. Et puis n’oublions pas que les bobos sont des bourgeois, donc se distinguer du Français moyen pour sa xénophobie, c’est aussi justifier moralement une lutte des classes qui n’a jamais cessé.

      L’origine non-française d’un individu étant devenue une qualité pour ce dernier, plus sa nature exogène se voit, mieux c’est. Et plus il y a d’étrangers en France, mieux c’est4, d’autant plus que cela empêche toute assimilation des immigrés (une des conditions nécessaires à l’assimilation d’une population dans une autre étant que la première soit, numériquement, sensiblement inférieure à la seconde). En effet, toute cette démarche s’oppose frontalement à la notion d’assimilation à la française, où les origines des citoyens n’importent pas, ce qui compte étant de partager la même culture, les mêmes valeurs, les même coutumes (d’ailleurs, nos ancêtres étaient des Gaulois).

      Si la notion d’assimilation est combattue par les soixante-huitards, c’est parce qu’elle détruirait toute leur démarche de punition et régénération des Français, coupables de tous les maux : à quoi bon faire venir des non-français en France, s’ils se mettent à agir et à penser comme des Français (c’est bien la peine!)? Surtout pas! Il faut que les étrangers qui arrivent soient le plus différent possible des Français, et qu’ils le restent! D’où le discours dominant : « Soyez fier de vos origines! », « La diversité est une richesse! », sous-entendu : « Ne devenez surtout pas français! ». Les bobos feront ainsi tout ce qu’ils peuvent pour que des étrangers aient la nationalité française sans avoir la culture française : régularisation des immigrés clandestins et promotion des différences culturelles vont de paire. Ainsi, un des slogans de mai 1968, bien réel celui là, « Il est interdit d’interdire », est révélateur de la démarche des soixante-huitards. En effet, il devient scandaleux d’exiger d’un individu arrivant dans la société française qu’il en adopte les codes, et qu’il laisse au vestiaire ses précédents us et coutumes. Il devient fasciste d’exiger qu’il fasse l’effort de s’assimiler. Le soixante-huitard n’est pas un oppresseur, c’est un gentil (youpi!), car il accepte l’autre tel qu’il est (le soixante-huitard fantasme sur le monde de Oui-Oui). Cela préserve sa bonne conscience : rappelons que le bobo est d’abord et avant tout un bien pensant. Mais, en étant passif vis-à-vis de sa culture, il oblige le reste de la société à payer le prix de sa désinvolture, à savoir entre autres le communautarisme et l’affaiblissement du sentiment national5.

Vous avez probablement remarqué que j'ai mis très peu de sources, très peu d'arguments dans ce texte; cela s'explique de manière toute simple: les bobos, j'en viens.

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2 - Il n’est qu’à voir le nombre d’ONG « sans frontière » pour s’en convaincre; les SDF français, eux, attendront.

3 - Harry Roselmack, membre du club Averroes, a ainsi été présentateur à un journal télévisé à 20 heure parce qu’il était noir, ce dont il se « félicite » (dans l’émission « On n’est pas couché » du 22 septembre 2007 : http://www.dailymotion.com/video/x42uww_zemmour-face-a-harry-roselmack_news)

4 - Pour un bien-pensant, il est impossible que la phrase « Il y a trop d’étrangers en France » soit juste, quel qu’en soit le nombre, car pour lui, il y a trop de Français en France.

5 - Ainsi, après un match de foot-ball Algérie-Égypte le 18 novembre 2009, a-t-on pu voir des gens remplacer le drapeau planté au fronton de la mairie de Toulouse par le drapeau algérien: http://www.bivouac-id.com/2009/11/21/tour-de-france-de-lapres-match-alge...

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