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Des milices à Bron - témoignage d'une citoyenne

Une citoyenne de Bron (près de Lyon) témoigne le 31 octobre 2011 de l'existence de milices dans sa ville, qui se sont créées pour suppléer à de manifestement trop inactives (voir réfractaires) forces de l'ordre. Elle y raconte également comment une extrême jeunesse est confrontée à une extrême violence, et comment les institutions veulent ignorer les problèmes, tout en poussant les victimes à accepter leur sorts.

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Dans cette première partie, cette citoyenne évoque différents quartiers dans lesquels se sont créés des milices, dans lesquels les habitants se sont armés, voir dans lesquels la police ne rentre pas: « la Piscine », les «UC »... Confrontée aux trafics de drogue, à la violence à l'école ou autres, elle se heurte à des institutions qui font la sourde oreille, sont hostiles, et qui vont jusqu'à lui demander de s'adapter, de fuir, d'«être tolérant», de «supporter les brimades»:

http://www.dailymotion.com/video/xmnt2g_des-milices-a-bron-1-2_news

 

Dans cette seconde partie, elle nous parle de l'évolution de l'éducation des enfants, notamment immigrés, ainsi que le rapport des parents vis à vis de leurs enfants, lorsque ceux-ci sont condamnés, et leurs rapports à l'autorité:

http://www.dailymotion.com/video/xmodm4_des-milices-a-bron-2-2_news

 

On peut constater que la disparition de l'autorité à tous les niveaux (les parents, la police, l'éducation nationale, l’État en général), qui refuse d'agir, de punir (et même de savoir), entraîne d'une part une société de plus en plus violente (l’État ayant en théorie le monopole de la violence légitime) et d'autre part un contournement des voies «normales» de résolution des conflits pour aboutir naturellement à la création de milices, où les citoyens se font ainsi justice eux-même. La loi du plus fort remplace la Loi, puisque l’État ne joue plus son rôle d'intermédiaire entre les parties. Il est clair que l'idéologie bobo «Il est interdit d'interdire», «l'autorité, c'est du fascisme», etc, a montré sa totale vacuité puisqu'elle aboutie à l'effet inverse de celui affiché: une augmentation généralisée de la violence au sein de la société.
D'ailleurs, et cela prouve que nous vivons une fin de cycle, cette faillite idéologique est tellement patente que le système ne veut rien savoir (refus de recevoir les dépôts de plaintes et mains courantes au commissariat, non remontée des statistiques de la violence à l'école...): ignorer sciemment les problèmes est une preuve d'impuissance. Et, à bout de souffle, ignorer les problèmes, c'est s'y soumettre à terme.

La montée en puissance de délinquants armés de plus en plus libres de leurs mouvements, et de milices qui se créent en réaction, elles aussi armées, annonce à mon avis une guerre civile, inévitable quand l’État est faible, ou refuse d'employer la force. Devant la faiblesse de l’État, son incapacité à lutter contre la délinquance, c'est une situation à laquelle je m'attendais, mais pas aussi tôt: qu'il ne puisse déjà plus taper sur les honnêtes gens me surprend; décidément, l'histoire s'accélère. Tous les ingrédients sont là, il n'y a plus qu'à attendre l'étincelle qui mettra le feux aux poudre.

 

Merci au responsable du site Les résistants du lyonnais pour m'avoir contacté et permis de recueillir le témoignage de cette citoyenne (ainsi que pour l'hébergement sur place).

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