Dépasser le féminisme

Élisabeth Badinter a écrit récemment un ouvrage, « Le Conflit, la femme et la mère ». Ouvrage probablement alimentaire, puisqu'il ne fait que réchauffer le plat des thèses féministes qui, en plus de trente ans de confrontation au monde réel, a largement eu le temps de refroidir.

Je n'ai pas envie ici de redéconstruire le féminisme, ni en faire une analyse sociologique, mais néanmoins la sortie de ce livre m'a donné envie d'évoquer cette escroquerie intellectuelle, pour en proposer une alternative.

Ce texte a pour simple objet de proposer le paradigme idéal à la relation homme/femme.

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Avant de commencer, je vais donner un exemple qui illustrera en quoi le féminisme est une arnaque intellectuelle.

une association féministe s'est émue qu'une entreprise propose des femmes de ménages sexy. Pour cette association, le problème, c'est que les femmes de ménage soient sélectionnées sur leur physique. Ce qui est délirant à plusieurs titres. Premièrement les hôtesses d'accueil sont sélectionnées sur leur physique, tout comme les mannequins, les hôtesses de l'air, les sportives, les serveuses, les vendeuses (et même les prostituées)... Mais ça apparemment, ça passe. Par contre pour un pur métier de prolétaire, ça ne passe plus (de belles femmes dans un métier aussi bas de gamme, quel confusion des valeurs!). Ensuite, cette association ne va pas du tout s'offusquer du vrai scandale, du vrai problème, à savoir l'existence même des femmes de ménage. Il n'est pas venu à l'idée des féministes que si il y avait des femmes de ménages, c'est que les maris de ces femmes n'étaient pas assez bien payés, et que ces femmes étaient donc obligées de faire le ménage pour des foyers qui n'étaient pas les leurs. Et ce, pour permettre à une autre femme d'avoir à se passer de le faire, le ménage! Hé oui, la bourgeoise, avec un métier bien payé, voulu et valorisant (plus ou moins, certes), n'a plus le temps de s'occuper de son foyer, mais a les moyens de payer une prolétaire pour faire le boulot à sa place (boulot mal payé, subi et dévalorisant).

Au lieu de se scandaliser des écarts de richesse qui sont la cause de l'existence et de l'exploitation des femmes de ménages (puisque, bourgeoises, elles en profitent), les femmes féministes s'inquiètent, en fait, tout simplement, derrière de grandes envolées idéologiques, qu'une jolie femme tourne autour de leur mari sous leur toit!

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L'égalité homme/femme est une abstraction républicaine. Il est faux de dire que les hommes et les femmes sont égaux, mais il est bon de le proclamer dans un esprit de concorde civile. Notons que cette abstraction, comme toutes les abstractions, finit par fuir1, à savoir que l'on ne peut pas indéfiniment faire comme si les hommes et les femmes étaient réellement égaux. Ainsi, l'article premier de la constitution française2 établit que « [La loi] assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. », sans parler des sexes, donc. D'ailleurs la loi fera parfois explicitement des distinctions entre les hommes et les femmes3.

Il me semble bon ici de souligner quelques réalités: différence ne veut pas dire systématiquement hiérarchie. Par exemple en mathématique, si 5 est différent de 3 et que l'on peut bien comparer ces deux nombres (5 est strictement supérieur à 3), en revanche un carré est différent d'un rond sans que l'on puisse établir une hiérarchie entre ces deux formes.
Par ailleurs, les hommes et les femmes sont identiques sous certains aspects et différents sous d'autres, et leurs différences sont complémentaires, par obligation (de perpétuation de l'espèce). Ainsi parler de « sexes opposés » pour désigner les hommes et les femmes est une erreur grossière. On devrait, si l'on était rigoureux, parler de « sexes complémentaires ».

Ainsi le féminisme, qui ne cesse d'opposer les hommes aux femmes, est essentiellement anti-naturel, éloigné de la réalité physiologique, et donc radicalement à côté de la plaque.

Si l'on veut proposer une répartition des rapports hommes/femmes qui soit pertinente et stable dans le temps, c'est à dire saine, il faut partir de ce qui est immuable, inamovible. En effet, tout structure humaine (société humaine) niant, voir allant à l'opposé de déterminismes qui ne peuvent être changés sera immanquablement bancale, incohérente, et donc vouée à la disparition à plus ou moins brève échéance, lorsque les contradictions du système se révèleront plus fortes que ses éléments de cohésion (ce qui finit toujours par arriver, les éléments de cohésion ne pouvant pas éternellement être à leurs top, ils s'affaiblissent fatalement à un moment ou à un autre, alors que les éléments de contradictions sont, eux, stables car passifs, en attente _puisqu'inhérents au système).

Partant de ce raisonnement, qu'est-ce-qui est immuable chez l'homme et la femme, et qui donc pourrait servir de point de départ à notre réflexion? La réponse est évidente: ce qui est immuable dans la distinction homme/femme, c'est que ce sont tous des êtres humains, mais de sexes différents. Ayant là circonscrit notre analyse grâce à l'évidence, le reste n'est plus qu'une partie de jambes en l'air plaisir.

Analysons maintenant certaines des spécificités physiologiques des hommes et des femmes inhérentes à leur sexe, sans trop entrer dans le détail (la grosse maille permettant de comprendre l'essentiel). Les hommes sont manifestement plus grands et plus musclés que les femmes. Ils sont donc optimisés pour se confronter aux difficultés du monde extérieur (plus grand rayon d'action, meilleure capacité à modifier l'environnement). Et les femmes sont seules capables de faire naitre et nourrir un enfant, que ce soit à l'intérieur (via le placenta) ou à l'extérieur (via les seins). Elles sont d'ailleurs plus capables de stocker de l'énergie que les hommes. Elles sont donc optimisées pour la création et le maintien de la vie.

On pourrait aller très loin dans l'analyse pour voir à quel point notre physique (forme, fonctionnalités, limites) conditionne et détermine nos actions comme nos pensées. Et, utilisant cette méthode, faire émerger des contraintes structurelles incontournables de toute société humaine viable, mais là n'est pas vraiment l'objet de cet article.

Ce qui m'intéresse ici, c'est que nous avons fait émerger par le raisonnement une systématique, des règles fonctionnelles: les hommes sont systématiquement plus efficaces que les femmes pour gérer leur environnement, et les femmes sont systématiquement plus efficaces que les hommes pour gérer la reproduction de l'espèce.

Ces déterminismes sont fonctionnels, et donc comportementaux: les hommes vont plus facilement explorer, découvrir, lutter, quand les femmes vont plus facilement s'occuper de la création, de la survie et du bien-être des enfants humains. Ces différences, plutôt que de les voir comme des oppositions, je préfère les voir d'une manière constructive, positive. Les deux aspects, féminins et masculins, de l'humanité, sont appelés à devenir complémentaires pour avoir un sens. Il y a engendrement réciproque des deux faces de l'humanité pour que l'humanité puisse se réaliser, s'accomplir: sans vie, pas de remodelage du monde possible (pensée, construction), et sans action ni pensée sur le monde, l'espèce humaine n'a plus de sens (autant être une amibe). Allons même plus loin: les femmes, en créant les générations successives de l'espèce, permettent au savoir de s'accumuler et s'enrichir, et à l'action sur le monde de perdurer, se renforcer, s'améliorer (grâce à la femme, l'homme peut transmettre _le monde). Et les hommes, en inventant, explorant, bâtissant, fournissent aux générations futures un environnement de plus en plus confortable et propice à la perpétuation de l'espèce (grâce à l'homme, la femme peut transmettre _la vie).

Les hommes donnent aux femmes le monde pour faire la vie,
et
les femmes donnent aux hommes la vie pour faire le monde.

Cette relation de dépendance et de renforcement mutuel (l'homme est nécessaire à et a besoin de la femme comme la femme est nécessaire à et a besoin de l'homme) est éminemment constructive et harmonieuse (et donc stable) car elle permet d'engendrer la vie et l'espace, deux projets distincts (et non hiérarchisables) mais complémentaires, via le temps.

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Créer un espace à trois dimensions (temps, espace et vie) où pouvoir évoluer, voilà tout le projet de la relation Homme/Femme, d'après moi4.

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1 - Voir La loi des abstractions qui fuient de Joël Spolsky

4 - Voyons où ces trois dimensions noumène!

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